Ma nièce de 9 ans m’a cloué sur place samedi dernier : « Pourquoi on apprend encore avec des livres alors que ChatGPT sait tout ? ». Touché coulé.
L’IA s’invite en classe (mais pas vraiment)
Cette fameuse conférence Eleza Fact a remis l’intelligence artificielle sur le devant de la scène éducative. Franchement j’y crois moyen. Un coach virtuel qui personnalise les exercices pour chaque gamin, ça claque en théorie. Sauf que quand on peine déjà à avoir des ordis qui marchent…
Bon ok, certaines expériences actuelles donnent de l’espoir. Des bahuts testent des tuteurs IA pour accompagner les devoirs, d’autres utilisent des algorithmes pour dépister les difficultés de lecture précocement. Entre les tests pilotes et une vraie généralisation, par contre, le fossé reste gigantesque.
Les ministres nous vendent du rêve avec leurs discours sur la tech éducative. J’ai l’impression d’écouter de la science-fiction parfois. Apprentissage adaptatif, IA personnalisée, équipement dernier cri… Dans le vrai monde ? Ma cousine prof jongle avec 15 PC antédiluviens pour 28 gamins. Les bécanes datent de 2017.
Enseignants parachutés sans parachute
Les profs se retrouvent catapultés dans le monde digital avec trois fois rien comme préparation. On leur colle du matos ultra-moderne entre les mains après une formation éclair. Conséquence ? Les plus débrouillards font des miracles. Les autres transforment leur vidéoprojecteur interactif en simple mur de projection.
Ce qui me rend dingue, c’est qu’on ose leur faire des reproches sur leur prétendu « manque d’adaptation » alors qu’ils reçoivent quoi comme aide concrète ? Un stage ridicule de temps en temps.
L’inégalité territoriale, parlons-en deux minutes (ou plutôt crions-la). Ostwald impressionne avec son programme numérique aux petits oignons. Deux villes plus loin, des lycées luttent pour obtenir du wifi qui tienne la route. L’égalité républicaine dans toute sa splendeur.
On nous bassine avec la personnalisation par IA pendant que plein d’enseignants peinent avec les bases d’Excel. C’est pas de leur faute hein – imaginez apprendre à conduire une Formule 1 avec juste le manuel.
Les gamins pris entre deux mondes
Ce qui me troue vraiment ? Les jeunes gèrent le numérique les doigts dans le nez. Swiper, cliquer, naviguer entre applis, c’est naturel chez eux. Mais concrètement, qu’est-ce qu’on leur enseigne d’utile niveau digital ? Rien ou presque sur les trucs essentiels.
Petit exemple : la Chine prépare une méga-conférence mondiale sur l’éducation numérique pour 2027. Chez nous ? On se chamaille encore sur l’autorisation des smartphones dans l’enceinte scolaire. Sans vouloir tout importer, un peu de cohérence ferait pas de mal.
La schizophrénie française dans toute sa beauté : on pousse la digitalisation à mort mais les écrans restent diabolisés. On prône l’innovation mais on note comme y’a 40 ans. On gueule pour la souveraineté mais on signe des contrats avec Google.
Voilà.
Données personnelles : le grand n’importe quoi
Alors ça c’est le pompon. Le ministère et la CNIL jouent les grands protecteurs des « données sensibles des élèves ». Génial. Dans la vraie vie ? Les ados bossent sur Classroom, Teams et compagnie. Toutes leurs données partent direct chez l’Oncle Sam.
C’est pas forcément catastrophique, mais soyons honnêtes deux secondes.
On parle pas juste de noms et prénoms là. C’est tout le parcours intellectuel des mômes qui est archivé : leurs galères en maths, leurs rédactions, leur historique de recherche… Un profil d’apprentissage complet qui s’enrichit année après année. À qui appartient cette mine d’or au final ? Personne sait vraiment, mais on a déjà vu comment les géants du web exploitent nos données sans qu’on s’en rende compte.
Les grands discours sur l’indépendance numérique française, c’est mignon. Mais concrètement, on est pieds et poings liés aux mastodontes californiens. Le truc que tout le monde sait mais dont personne cause vraiment.
En gros, cette aventure du numérique à l’école version 2026, c’est la France résumée : des concepts brillants, des paradoxes monstrueux et énormément d’improvisation. Les gosses s’adapteront, ils le font toujours. Mais on pourrait quand même leur simplifier l’existence en étant moins bordéliques. Simple suggestion en passant. D’ailleurs, pour ceux qui veulent se détendre après ces considérations sur l’éducation, le casino dont tout le monde parle fait un carton ces temps-ci.














